Tout d’abord, qu’est-ce que l’accessibilité (aussi abrégé A11y) ? Pour résumer, c’est faire en sorte que personne n’ait de blocage pour accéder à une info ou pour faire une action. On parle souvent de l’accessibilité par rapport aux situations de handicaps.
Je ne vais pas vous parler de technique dans cet article, mais plutôt de mes portes d’entrée dans ce domaine.
1. La première et peut être la plus évidente : l’écoute
J’ai toujours adoré écouter les histoires de vie, qu’elles soient racontées dans des reportages, des témoignages ou dans la vie quotidienne. Lors de mon premier emploi en alternance, dans notre bâtiment il y avait une cellule spécialisée dans l’insertion de personnes en situation de handicap. Ces rencontres ont été une porte d’entrée essentielle pour moi, couplées à mon intérêt pour l’expérience utilisateur. Cela peut paraître bateau mais ça me semble difficile d’améliorer l’accessibilité sans écoute.
2. Les conférences sur le sujet de l’accessibilité
Les conférences comme celles de Paris Web sont de véritables pépites d’informations. Beaucoup abordent l’accessibilité sous des angles variés et parfois que l’on n’imagine pas ! Ces événements sont aussi des exemples en termes de pratique, la majorité des conférences étaient retranscrites en langage des signes français.
Toutes les archives des conférences sont disponibles sur leur site https://www.paris-web.fr/

3. Comprendre la pluralité des situations de handicap
L’accessibilité ne se limite pas à une seule forme de handicap.
Il est crucial de prendre conscience de la diversité des situations :
- Handicap moteur, visuel, auditif, cognitif, …
- Handicap temporaire ou permanent.
Saviez-vous que 1 personne sur 5 en France déclare être touchée par un handicap (source : INSEE) ?
Et aussi, l’accessibilité profite à tout le monde : nous pouvons tous, à un moment donné, bénéficier des actions mises en place pour rendre le monde plus accessible. À l’instar des ascenseurs ou des escaliers automatiques pour reprendre des exemples classiques ou bien les personnes en situation d’illettrisme (“4% des personnes âgées de 18 à 64 ans.”) peuvent aussi profiter des signalétiques sous forme de picto…
4. Pour le web : les RGAA et WCAG
Un peu de technique quand même :
Pour garantir l’accessibilité des contenus numériques, deux référentiels :
- Le RGAA (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité) est la référence en France. Il fournit des critères précis pour rendre les services numériques accessibles à tous, conformément à la loi. Découvrir le RGAA
- Les WCAG (Web Content Accessibility Guidelines) sont les directives internationales élaborées par le W3C. Elles définissent des standards pour rendre les contenus web accessibles aux personnes en situation de handicap. Découvrir les WCAG
Mais attention ça ne suffit pas toujours.
5. Tester avec les outils (en gardant en tête nos biais)
Identifier et utiliser des outils comme NVDA (lecteur d’écran) ou des simulateurs de daltonisme permet de se mettre à la place des utilisateurs. Il y a également des addons sur navigateur qui vérifient contraste et lisibilité …
Mais attention : ces outils ne remplacent pas l’expérience réelle du public.
Conclusion : L’itération et l’humilité
Accepter que nos solutions ne soient pas parfaites du premier coup, c’est difficile à admettre, mais c’est la réalité. L’accessibilité, c’est un processus d’amélioration continue. Et on en revient toujours au point numéro 1 : l’écoute des retours. Ça demande aussi de mettre en place des points de contact.

Qui est l’autrice de cet article ?
J’accompagne les entreprises dans la création et la stratégie visuelle de leurs interfaces, pour offrir à leurs utilisateurs une expérience claire et agréable.
Caroline Boire, Designer graphique
