Je travaille actuellement sur un projet ludique avec l’auteur Thibaut Jablonka. Nous sommes en train de réaliser un univers de jeux de rôles, intitulé “Les Contes du Gris : Prévalence” (bientôt auto-édité en financement participatif). En plus d’une identité visuelle et d’illustrations,un objet de communication imprimé sous forme d’éventail multifonction, dont la mise en forme d’un alphabet fictif, nous avons conçu ensemble une carte de la ville où se déroule l’histoire du jeu.

Le contexte de l’univers
Prévalence se déroule dans un monde similaire au nôtre ; la géographie, les reliefs, les tracés des fleuves vont être les mêmes, mais l’histoire, les structures, les aménagements diffèrent. Pour la ville où est centrée l’intrigue, Thibaut a pris pour référence la ville de Plymouth en Angleterre, qu’il a redécoupée en quartiers pour servir sa narration. A partir de là, j’ai donc pu reprendre le tracé des côtes réelles de Plymouth et la délimitation d’une partie de la ville, et utiliser son découpage comme base de travail.
L’objectif de la carte est vraiment d’avoir un support de jeu pour se projeter, l’une des forces de Prévalence selon les premiers retours des testeurs et testeuses est son immersion dans l’univers. La carte va concrétiser encore plus cette immersion, tout en permettant une dimension stratégique pour les déplacements des personnages.
L’aspect graphique de la carte et le niveau d’échelle
Il y a énormément de types de cartes pour des utilités différentes. Ici ce qu’on veut mettre en avant ce sont les quartiers de la ville et les bâtiments importants. L’aspect souhaité est dans l’esprit des cartes de monuments parisiens des années 1900 (le jeu se passe à une période historique comparable).

« Nouveau Paris Monumental itineraire Pratique de L’Étranger Dans Paris. »
wikipedia
Le choix de l’outil pour cartographier
Il existe des générateurs de cartes fictives (comme Watabou’s Procgen Arcana), nous avons fait le choix de nous en passer et de maîtriser totalement l’aspect graphique et la distribution des bâtiments, afin de l’ancrer dans une histoire et une culture locales, même fictives. Nous ne souhaitions pas créer une carte « aléatoire » générée, il y a une réelle intention dans chaque quartier. Tout a été réalisé sur illustrator et grâce au calque il est aussi facile d’exporter des versions plus ou moins simplifiées en fonction des besoins.
Le processus de dessin des quartiers
Thibaut m’a donc fourni son ébauche de carte et une description de chaque quartier. J’ai d’abord repris cette base pour la créer au propre dans Illustrator.
J’ai réalisé un premier quartier (Azur) avec une distribution de pâtés de maisons pour valider le niveau de détails et le rendu. Ensuite chaque quartier a été fait un par un, la distribution dépendant de la description du quartier (est-ce que c’est un vieux quartier? La distribution sera plus anarchique. Est-ce que c’est un quartier récent ? La distribution sera plus rectiligne. Est-ce que c’est un quartier industriel ? Les pâtés de maisons seront plus grands pour accommoder des usines, tandis qu’un quartier résidentiel aura des structures plus petites et plus rapprochées, avec des ruelles.)
A chaque quartier j’ai partagé une capture d’écran du travail en cours et Thibaut me confirmait la disposition, globalement les premières esquisses étaient déjà proches de l’intention de l’auteur et ne demandaient que quelques ajustements, pour bien tenir compte de détails narratifs.
“Ça a été un plaisir de travailler avec Caroline, il y avait une vraie fluidité et une compréhension dans nos échanges ; et surtout une co-construction. Grâce à elle, j’ai vraiment l’impression que la ville a pris vie devant moi.” — Thibaut Jablonka

Le dessin des bâtiments
Le souhait était d’avoir un rendu dessin à la plume. À partir de la liste des bâtiments importants à illustrer et de leurs descriptions j’ai fait des esquisses sur adobe fresco et ai utilisé un brush vectoriel, cela a permis d’avoir ce rendu à l’ancienne en gardant la possibilité de redimensionner le format vectoriel. Les pictos des bâtiments pourront également servir de ressources pour le reste du projet.
De même, pour conserver une même idée visuelle de carte tracée à la plume, j’ai réalisé à la main la typographie du nom de la ville, ainsi que les éléments topologiques (champs, forêts) et la rose des vents.

Un projet de cartographie réel ou fictif ?
Si comme Thibaut vous voulez voir prendre vie votre projet de cartographie, prenons un instant pour en discuter ! Contactez moi

Qui est l’autrice de cette article ?
J’aide les entreprises à transformer leurs données et idées complexes en visuels clairs et engageants par l’illustration, l’infographie et la dataviz
Caroline Boire, Designer graphique
